On négocie chaque jour, souvent sans y penser. À la maison, au bureau, face à un client ou un fournisseur. Pourtant, même les professionnels aguerris se heurtent à des situations qui dérapent sans raison apparente. C’est précisément ce que rappelle Frédéric Bonneton, fondateur de MCR Groupe, lors d’une masterclass animée par Roland Massenet : la majorité des négociations ne “échouent” pas… elles sont ratées, car biaisées dès le départ.
Au cœur de ces situations, trois catégories structurantes : les erreurs, liées au manque de préparation ; les fautes, révélatrices d’un déficit de compétences ; et les pièges, souvent psychologiques, présents chez l’autre comme chez soi. Cette distinction change profondément la manière de penser la négociation : l’enjeu ne se situe pas seulement dans le contenu, mais dans la manière dont on prépare, cadre et conduit l’échange.
Lire l’article : Négocier sans se faire piéger : comprendre les mécanismes qui font échouer les meilleures intentions
Comprendre les 3P : problème, processus, personnes
La grille de lecture des 3P est l’un des apports les plus utiles :
- le problème (le sujet de la négociation) ne pèse qu’à la marge,
- le processus structure la progression de l’échange,
- les personnes déterminent l’essentiel de l’issue.
Dans les faits, la plupart des négociateurs passent 90 % de leur temps à travailler les 10 % qui ont le moins d’impact : les arguments, les chiffres, les supports.
La réussite repose au contraire sur la gestion des interactions, la répartition des rôles dans l’équipe, le choix des mots, le cadrage et la maîtrise des biais.
C’est là que surgit un piège fréquent : le biais des bonnes relations. On protège la relation plutôt que l’objectif. On évite d’être perçu comme “dur”. On privilégie le lien plutôt que la performance. Ce basculement vers le “nice guy” fait perdre des marges de manœuvre essentielles et réduit la négociation à un exercice de conciliation.
Lire l’article : Négociation : la méthode des 3P pour défendre ses marges
Émotions, posture et asymétries : les zones critiques de la négociation
Les émotions jouent un rôle central dans la décision. Les neurosciences montrent qu’avant d’être rationnelle, une décision est inconsciente, puis rétro-justifiée. Cela suppose de travailler la manière dont on active, canalise ou neutralise les émotions en salle : respiration, gestion du stress, choix du cadre, storytelling, rythme des échanges.
La confusion entre vente et négociation constitue un autre point sensible. Le vendeur crée de la valeur. Le négociateur structure les conditions. Envoyer le même profil face à un acheteur rompu aux techniques d’influence crée une asymétrie inconfortable. Les organisations doivent soit renforcer les compétences des commerciaux sur la négociation, soit dissocier clairement les rôles selon les enjeux.
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Professionnaliser la négociation : le rôle du rétex
La négociation ne s’arrête pas à la signature. Le retour d’expérience permet d’identifier les moments de bascule, de revoir la manière dont les concessions ont été faites, d’évaluer les intangibles obtenus et de capitaliser sur les pratiques efficaces.
Sans ce travail, les équipes reproduisent les mêmes réflexes, sans jamais comprendre réellement ce qui a fonctionné ou dysfonctionné.
Certaines organisations vont plus loin en introduisant une fonction transverse, proche de celle de Chief Negotiation Officer, dont la mission est d’accompagner les dossiers sensibles, structurer la méthode et maintenir un niveau d’exigence élevé.
Pour explorer en détail les 26 pièges qui perturbent les négociations – et comprendre comment les éviter – l’ouvrage de référence reste le livre Pièges de négo, coécrit par Frédéric Bonneton et Christophe Caupenne, ancien négociateur en chef du RAID.
Découvrir Pièges de négo : https://www.fnac.com/a21580367/Frederic-Bonneton-Pieges-de-nego
Négociation professionnelle For One : sécuriser la valeur dans les négociations complexes
Dans les négociations à forts enjeux, chaque décision engage la valeur et la relation dans la durée.
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